Crayon sur pages blanches

Mon syndrome de la page blanche

Je me suis toujours vanté de ne jamais avoir été atteint par le syndrome de la page blanche. Et j’étais fier de cet état de fait, jusqu’à il y a peu.

J’ai découvert que ce syndrome était on ne peut plus sournois. La fameuse page blanche n’est en fait qu’une image, l’arbre qui cache la forêt. Un fantôme silencieux ne parlant pas que de papier blanc. Non, non !

Il s’agit – dans mon cas – de plusieurs « choses » regroupées sous le même terme : manque d’idée, manque de temps et manque de motivation. Le syndrome de la page blanche, c’est tout cela en même temps et je ne le savais pas, idiot que j’étais.

Du haut de ma très courte expérience d’auteur (après tout, Nouvelle Conscience n’est que mon premier roman – au moment où j’écris ces lignes), j’ai tenté de comprendre pourquoi je n’écrivais pas à la mesure de mes ambitions.

Dans mon petit réseau Twitter, une phrase est tombée :

Si tu n’écris pas, c’est que tu as mieux à faire.

Et que si j’ai mieux à faire, je ne suis pas près de devenir un professionnel de l’écriture (un objectif à 7 ans).

Alors j’ai analysé cette situation. Pourquoi avais-je toujours mieux à faire que d’écrire ? Pourquoi foulerai-je au pied un objectif que je m’étais fixé moi-même, en toute liberté ? C’est au cours d’une séance de procrastination de recherches que j’ai entendu/lu cette phrase qui m’a aidé à comprendre et à débloquer la situation.

Elle viendrait de la psychologie :

Il n’y a pas d’oubli, il n’y a que de l’évitement

Comment ! Qu’ouï-je ? Qu’entends-je ? Ce serait moi, qui éviterai d’atteindre mon propre objectif ? Diable, mais pour quelle(s) raison(s) ferais-je une chose pareil ? me dis-je.

Les causes

Chez moi, ça se concrétise par plusieurs choses : Une folle envie de jouer les explorateurs de l’espace dans No Man’s Sky, de me faire allumer par mon fils sur Starcraft 2, l’envie d’empoisonner des noobs avec Singed dans une folle partie de League Of Legends ou une petite TFT avec ma taupe cosmonaute. Les jeux vidéos, c’est mon talon d’Achille à moi et il ne fallait pas être un génie pour le découvrir. N’empêche, il fallait se l’avouer.

League Of Legends | No Man’s Sky | Starcraft 2

Mais il y a pire que mon talon d’Achille. Ma Kryptonite à moi, ce sont les réseaux sociaux !!

Ces saloperies m’hypnotisent, pompent ma réserve journalière de temps sans vergogne, et par là même, me pourrissent la vie.

En fait…

les réseaux sociaux, c’est le mal absolu.

Montage tiré d’une couverture de Curt Douglas Swan

Ils me rongent le cerveau à longueur de journée, « m’obligeant » à repenser sans cesse à ces réponses intelligemment cinglantes que j’ai écrite sous tel tweet, tel post ou tel groupe Facebook : « Ah les cons, comment je les ai mouchés ces débiles ».

Mais une réflexion me taraude désormais – sans pour autant faire baisser ma participation à ce lynchage international : quelle est cette prétention qui me pousse à vouloir partager ma vision sur tel ou tel sujet. Suis-je un sage, un expert ? Je lutte toujours, mais je perds souvent (mais je lutte pour me libérer, tel Superman face à sa kryptonite – à côté des réseaux sociaux, c’est de la roupie de sansonnet).

Voici donc deux sujets qui m’empêchaient d’avancer, que j’arrivais, de temps à autre, à laisser derrière moi pour travailler mes écrits. Je tente une petite parade à l’occasion : je me fixe un horaire : « Tu passes une heure dessus, mais ensuite, basta, tu as autre chose à faire de ta journée ».

L’introspection

Cela dit, une fois ces problèmes identifiés, j’avais encore du mal à trouver du temps. Or le temps qui passe t’éloignes un peu plus de la réalisation de ton projet (quel qu’il soit).

J’ai découvert que la pire chose pour moi, était de regarder en arrière et de me dire : « Mince, tout ce temps passé et rien de concret n’en est sorti ». Il a donc fallut que je comprenne ce qui m’empêchait d’utiliser ce temps qui échappait à mon étreinte créative (la vache c’est beau ça).

Les causes derrières les causes

L’histoire

C’était tout simplement parce que quand chose dans mon histoire me bloquait, j’avais « peur » de me retrouver face à ce problème insoluble. Une fois que je savais quoi, et où, alors je pouvais y réfléchir et pourquoi pas débloquer la situation. Elle était là ma raison. Celle pour laquelle je n’avais jamais ressenti le fameux syndrome de la page blanche : je masque mon manque d’idée par d’autres activités. En gros, je ne reste pas devant une page blanche sans avoir les idées pour la remplir. Si je suis devant mon écran, c’est que j’écris.

Mon rythme

Mais voilà, je n’étais pas souvent devant mon écran. Je n’écrivais pas assez à mon goût. Là encore j’y ai réfléchit (introspection bis) et c’est ma participation au nanowrimo qui m’a éclairé (juste avant ma troisième participation – 2021) : je n’avais pas trouvé mon rythme d’écriture, ma plage horaire.

Alors j’ai repensé à ces moments où j’avais réussit à écrire, et ceux pendant lesquels je faisais « autre chose » (cf Les causes). J’ai essayé d’écrire l’après-midi, la nuit, sans succès. J’ai finalement déterminé que je n’arrivais à écrire que le soir, entre 22h et 1h et le matin de 8h à 11h. En dehors de ces horaires, je ne suis « plus dedans ».

C’est grâce à toutes ces réflexions / introspections que j’ai pu aller au bout, de la réécriture de mon second roman à paraître : Murphy avait raison (qui va probablement changer de nom).
Une grande victoire pour moi. C’est important de le dire.

Conclusion

Chacun son rythme, ses contraintes et ses blocages. A chacun de les résoudre. Bien sûr ces « chaînes » sont différentes d’une personne à l’autre. Mes enfants sont grands et je n’ai plus à les surveiller – quoi que 🙂 , mon appartement est tout petit, les phases de ménage sont donc restreintes. J’ai aussi la chance d’avoir une épouse au petit soin, ce qui me laisse du temps en dehors du boulot. Chacun sa vie donc.

Si tu es bloqué, je te recommande à toi aussi, de faire une analyse de ces blocages. Repère ces petites choses qui t’empêchent d’avancer, qui te prennent du temps afin de t’en libérer. Tu pourras ainsi révéler l’auteur qui sommeille en toi. Tu le mérites.

Là-dessus, 1h45, il est temps d’aller se coucher.
Ce n’est plus mon heure 🙂

Photo d’entête de Ylanite Koppens sur Pexels.

2 réflexions sur “Mon syndrome de la page blanche”

    1. Depuis j’ai compris ça, je sais pourquoi mon second roman n’avance pas. Ca ne me débloque pas forcément, mais maintenant je sais pourquoi, et ça me permet d’y réfléchir en tout état de cause.
      Excellent article. Merci pour le partage.

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